Le Pangolin

02 décembre 2010

Ne prenez pas l’essoufflement à la légère

Depuis quelque temps, vous vous sentez essoufflé au moindre effort ? Consultez un médecin sans attendre. Il est en effet très important  de vérifier que vous ne souffrez pas d’une insuffisance cardiaque ou d’une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).

Dans l’insuffisance cardiaque, le cœur peine à propulser le sang. Au début, vous ressentirez essentiellement une fatigue. Elle va petit à petit s’installer, témoignant de la défaillance du muscle cardiaque. Etape suivante, la gêne respiratoire à l’effort. Puis au repos. C’est ce que les spécialistes appellent une dyspnée.

L’essoufflement peut aussi être l’un des premiers symptômes de la BPCO, une maladie qui monte.  Sa première et pratiquement unique cause en France, est le tabac. Lentement, la maladie provoque un rétrécissement qui obstrue les bronches. Au fil du temps, la capacité respiratoire diminue. Le travail de sape de la BPCO a commencé, et le fumeur ne retrouvera jamais sa pleine capacité respiratoire. Sans diagnostic, sans sevrage tabagique, la maladie va irrémédiablement provoquer une insuffisance respiratoire. Avec à terme un seul recours, la mise sous oxygénothérapie.

Insuffisance cardiaque et BPCO sont des maladies extrêmement sérieuses et souvent, mortelles. Un essoufflement qui vous paraît insignifiant doit impérativement vous alerter.

www.destinationsante.com

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03 août 2010

Afrique, terre de Cobaye pour les industries pharmaceutiques

onjour, je vous mets en ligne ce que je viens de recevoir comme mail d'un ami au Canada concernant la santé des Africains.

Et je vous demande d'en faire large diffusion auprès de toute vos connaissances.

Envoyé le : Mer 28 juillet 2010, 17h 04min 26s
Objet : Trans. : Tr : JE SUIS SCANDALISEE, JE NE SAIS PAS SI C'EST VRAI.........




Très cordialement





Objet : JE SUIS SCANDALISEE, JE NE SAIS PAS SI C'EST VRAI.........

Afrique, terre de Cobaye pour les industries pharmaceutiques   FAIRE LARGE DIFFUSION S'IL VOUS PLAIT AUTOUR DE VOUS C'EST VRAIMENT HALLUCINANT COMME BÊTISE HUMAINE ! ! ! ! 
MIEUX VAUT LE SAVOIR ET FAIRE ATTENTION QUE DE L'IGNORER
 
Il est presque minuit, et nous venons de visualiser un reportage hallucinant sur la deuxième chaîne de télévision française. Depuis le mois de Septembre 2004 un laboratoire américain du nom de GEDEAD s'est implanté à Douala pour (officiellement) tester un médicament 'préventif' du nom de VIREAD sur des jeunes camerounaises saines c.a.d. SERONEGATIVES! ! 

A raison de 4 Euro par mois + des examens médicaux gratuits et une promesse de prise en charge en cas de contamination, les filles sont encouragées à n'avoir que des rapports sexuels non protégées avec des partenaires multiples. On leur ment que ce fameux VIREAD les protège, que c'est un vaccin et qu'elles ne pourront plus jamais être contaminées. En plus, elles auront contribué au progrès de la science!!!! 

Le but (toujours officiel) de cet essai est justement de voir si le fameux viread protège. Donc après avoir absorbé cette pillule sans du tout savoir ce qu'elle contient, les filles sont livrées à la nature et reçoivent 4 Euros par mois lorqu'elles viennent se faire tester mensuellement pour le SIDA et pas pour les autres MST tout aussi graves comme les hépatites et autres maladies virales... 

(Officiellement) , 400 filles volontaires et pas informées du tout ont ainsi été recrutées par un camerounais ayant reçu une somme de 800 000$ de ce labo américain. Beaucoup de ces filles ayant déjà été contaminées, ont été purement et simplement abandonnées dans la nature (témoignage à l'appui). 

A mon avis la mission secrète ciblée est simplement de continuer à propager le sida, déjà terriblement élevé chez nous. Ne pouvons-nous pas dire qu'il s'agit ici d'un crime contre l'humanité ? Inoculer un virus de sida à Douala à des prostituées ne manque pas de stratégie. Douala est la plaque tournante du Cameroun . Ce n'est qu'une histoire de temps avant que ce virus ne se répande dans tout le pays. 

Un responsable du ministère de la santé déclare sans aucune crainte de choquer que son poste a été crée après l'implantation de ce laboratoire. Donc il n'a pas pu empêcher cela et il ne peut interdire ce test. VOILA.
 

De tels tests se passent actuellement dans plusieurs pays pauvres tels que Haiti, Jamaique, République Dominicaine, Cambodge et d'autres pays africains, 
> nous avons vu la République centrafricaine par exemple... On a parlé de 10 pays sans les citer tous explicitement. ..

Nous crions de douleur face au sentiment d'impuissance qui nous envahit devant notre petit écran d'ordinateur. 

La seule réaction que nous puissions avoir est d'envoyer ce mail à tous ceux dont nous connaissons l'adresse électronique. Si vous ressentez la même chose que nous, nous vous prions d'envoyer ce mail à tous ceux qui vous sont chers.. Peut-être arriverons-nous à informer un grand nombre de personnes... 

Faites attention à vous et sensibilisez vos familles!
 
Dr Judith Kareine Dubois, M.D 
Dr Abbé Amoumbba, M.D 
Professeur Marc-Antoine De Pigani, Virologue.
 Daphney Saint-Pierre, Phamacologue.

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20 juillet 2010

Définition du Colonialisme

Colonialisme

Définition du colonialisme


Etymologie : du latin colonia, venant de colere, cultiver. Etymologiquement une colonie est une population qui s'installe sur une terre lointaine pour y cultiver la terre et pratiquer son culte.

Le colonialisme est une doctrine politique qui préconise ou cherche à justifier l'exploitation d'une colonie, d'un territoire ou d'un Etat par un Etat étranger. La souveraineté que le pays colonisateur exerce sur sa colonie se traduit par une domination politique (mise en place d'une administration, d'un gouverneur...), militaire et une exploitation économique au détriment des populations locales. 

L'expansion des pays colonisateurs s'effectue sur des territoires moins développés ou militairement plus faibles. Les motivations du colonialisme peuvent être variées :
  • Accaparer des ressources naturelles, des matières premières.
  • S'assurer de nouveaux débouchés en cas de surproduction.
  • Disposer d'un espace de peuplement, lorsque le pays colonisateur apparaît trop étroit.
  • Contrôler des routes commerciales et assurer leur sécurité.
  • Empêcher l'expansion de puissances concurrentes.
  • Disposer de bases militaires avancées à des emplacements stratégiques.
  • Accomplir une "mission civilisatrice" (voir ci-dessous).
Les grandes puissances coloniales comme la France, l'Angleterre, la Belgique, l'Espagne, le Portugal ont longtemps considéré qu'il était de leur devoir, en tant que pays civilisés de race blanche, d'aller "apporter la civilisation à des races inférieures". Depuis la Seconde Guerre Mondiale, le colonialisme est perçu négativement car il s'oppose au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes

Le colonialisme antique, grec notamment, se distingue du colonialisme moderne (depuis le XVIe siècle) par un essaimage de colonies autonomes, mais porteuses de la culture de la métropole, alors que dans ce dernier l'exploitation de la colonie se fait surtout au profit de la métropole.

Le colonialisme est une forme d'impérialisme


Source : www.toupie.org

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18 juillet 2010

Le blogueur et journaliste Théophile Kouamouo écroué avec son équipe depuis le 13 juillet

Côte d'Ivoire : le blogueur et journaliste Théophile Kouamouo écroué avec son équipe depuis le 13 juillet

Posted: 17 Jul 2010 05:52 AM PDT

par Elia Varela Serra · Traduit par Claire Ulrich · Voir le billet en anglais [en]

Le mardi 13 juillet, le blog du journal ivoirien Le Nouveau Courrier annonçait que le journal avait été perquisitionné par la police après avoir publié le même matin la première partie d'une enquête de fond, dont la publication devait s'étaler sur toute la semaine, sur des faits decorruption au sein la filière du café et du cacao en Côte d'Ivoire ( article).

[…] le journal a publié aujourd’hui, à sa une, un dossier exclusif au sujet de l’enquête sur les détournements dans la filière café-cacao titré : « Le livre noir de la filière café-cacao, comment les barons ont pillé l’argent des planteurs ».

Le boom que ce dossier a créé au sein du lectorat ce matin a mis en branle les services du procureur de la République Tchimou Raymond. Sur instruction de celui-ci et sans aucun mandat de perquisition, des commissaires et lieutenants de la police criminelle ont débarqué à la rédaction de Le Nouveau Courrier avec pour mission, disent-ils, de récupérer le document de base ayant servi à la rédaction de l’article. Après avoir fouillé tous les ordinateurs de la rédaction, ils ont finalement emportés avec eux un ordinateur portable au lieu du fameux document.

Après la perquisition dans les bureaux du Nouveau Courrier, qui n'a rien donné, le directeur de la publication Stéphane Guédé, le directeur de la rédaction Théophile Kouamouo et le rédacteur Saint Claver Oula ont été arrêtés pour avoir refusé de révéler leurs sources.

Le Nouveau Courrier est un quotidien d'information qui a commencé à paraitre en Côte d'Ivoire il y a moins de deux mois, le 25 mai, avec l'objectif d'offrir aux lecteurs une nouvelle approche de l'actualité et des enquêtes fouillées. Le directeur de la rédactionThéophile Kouamouo est l'un des blogueurs les plus connus d'Afrique francophone. Il a également reçu, avec son épouse Nadine Tchaptchet-Kouamouo - également journaliste -  une bourse Rising Voices pour son projet Abidjan BlogCamps destiné à former des blogueurs en Côte d'Ivoire. Citoyen français, d'origine camerounaise, ancien correspondant du quotidien français Le Monde, il vit à Abidjan depuis plus de dix ans et est respecté comme journalisme et professeur en école de journalisme, en Côte d'ivoire et à l'étranger. Il se décrit lui-même comme un “serial entrepreneur”. L'une de ses entreprises qui a connu le plus de succès est la plateforme de blogs ivoirienne Ivoire-Blog.

Des blogueurs et des journalistes ont témoigné leur soutien à Théophile et à l'équipe sur une pétition en ligne demandant leur libération immédiate, ainsi que sur Twitter, et sur un groupe Facebook où sont publiées les dernières informations. C'est par ce groupe que nous avons appris que les trois journalistes étaient en garde à vue depuis mardi matin, et toujours interrogés afin de révéler leurs sources. Que le vendredi 16 juillet, ils ont été présentés à un juge. Il semble qu'ils aient été ensuite transférés  à la MACA (Maison d'Arrêt Centrale D'Abidjan. Le créateur de la page Facebook, le blogueur ivoirien Manasse Dehe, a écrit aujourd'hui samedi :

il n'est plus question de les libérer , c'est là le problème. mais de trouver laquelle des fautes ils ont commis; c'est déjà décidé qu'ils doivent payer pr kkchose qu'ils n'ont pas fait. maintenant les …avocats luttent pour que ce qu'on va leur coller, soir la
plus petite des infractions : genre flagrant délit
Appelle le Président de la Republique à réagir sur ton mur ! Car lui qui est homme de Justice; il peut sortir les 03 journalistes du nouveau
courrier de cette souffrance qu'ils ne méritent pas !!!!

Saint-Clavier Oula in his cell today

Voici la dernière mise à jour sur le compte Facebook du  Le Nouveau Courrier :

Théophile Kouamouo, Saint-Clavier Oula, Stéphane Bahi sont actuellement enfermés dans une cellule pleine à craquer. Attendant leur tour devant le juge. Oula est très affaibli. Il a commencé une grève de faim et refuse aussi de prendre ses médicaments…

Depuis que la nouvelle de leur arrestation a été diffusée, mardi 13, les journalistes ont reçu de nombreux témoignages de soutien de confrères et deblogueurs en Côte d'Ivoire et à l'étranger.

Reporters sans frontière a diffusé un communiqué le 14 juillet :

Ce sont des méthodes que Reporters sans frontières n’avaient pas observées en Côte d’Ivoire depuis de nombreuses années. L’accusation de vol ne tient pas la route. Il est important de garder à l’esprit que la protection des sources est un principe fondamental de la pratique du journalisme, principe qui a tout son sens dans une affaire aussi sensible que celle de la filière café-cacao.

Sur la page Facebook, des confrères ont souligné que le premier article du code officiel d'éthique des journalistes ivoiriens publié par le Ministère de la communication ( lire ici) fait référence au droit des journalistes à garder le secret sur leurs sources :

Tout journaliste doit revendiquer les droits suivants :
Article 1 : La protection de ses sources d’information.

Ce matin (le 17 juillet) le Groupement des entreprises de presse ivoiriennes (Gepci) a publié un communiqué qualifiant l'arrestation d'atteinte à la liberté d'expression en Cote d'Ivoire :

Emprisonner des journalistes pour les contraindre à violer leur propre déontologie en livrant leur source d'information n'est pas acceptable. Surtout que la loi 2004-643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse n'autorise plus qu'un journaliste soit privé de sa liberté pour des faits, en rapport direct avec l'exercice de son métier, tels que ceux reprochés aux responsables et aux journalistes du quotidien Le Nouveau Courrier.

Le portail de journalisme citoyen Avenue225, qui couvre l'affaire depuis mardi, a annoncé que les syndicats de la presse se sont engagés à publier le reste de l'enquête sur les filières du café et du cacao s'ils n'étaient pas libérés aujourd'hui 17 juillet.

 

Source : global voices

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13 septembre 2006

Que peut faire Antoine Gizenga le 22 septembre 2006?

Après la publication par le CEI des résultats des élections législatives du 30 juillet au Congo on assiste à un ballet de négociations entre les forces ayant participé  à ces élections pour la désignation du futur premier ministre issu de la majorité parlementaire.

La constitution a privilégié les affrontements entre deux camps (majorité-gouvernement et minorité-opposition)au niveau du parlement, surtout pour un pays qui sort de plus de 6 ans de guerre.

Ainsi une fois encore, voici les acteurs politiques congolais et la société civile d’un côté et de l’autre le peuple du Congo face à l’histoire de ce pays et de l’Afrique.

Les résultats sortis des urnes nous amènent à une introspection de l’histoire des autres pays d’Afrique voir du monde démocratique, ici je fais référence aux élections israéliennes et la dernière élection Allemande qui a porté une coalition gauche-droite pour la formation d’un gouvernement.

En effet la troisième position du parti Lumumbiste place non seulement ce parti au centre des débats et de la réflexion prospective de l’avenir du Congo, mais appelle  aussi à revoir les schémas dogmatique de la lecture que les différents observateurs et acteurs de la politique post-électorale en Afrique. Il nous revient de spéculer sur les suites à donner à ces élections.

LA POSITION DU Parti Lumumbiste rappelle avec le recul historique avec beaucoup de similitudes, ce qui c’est déjà passé de l’autre côté de ce fleuve qui donne son nom à ces deux pays.

En 1992, les Congolais de la rive droite du majestueux fleuve Congo ont connu la même chose.

Dans leur volonté de se débarrasser du général Sassou Nguesso du pouvoir, les acteurs de ce pays avaient eu la vue très courte sur la suite à donner après les élections législatives et présidentielles.

A la sortie des urnes, aucun parti politique n’avait obtenu la majorité absolue au parlement. La parti de Monsieur Kolélas arrivé second après celui de Lissouba était dans la position du PALU de Antoine Gizenga celle de faiseur de roi. Kolélas se positionnait en arbitre entre Sassou arrivé troisième à l’élection présidentielle et Lissouba vainqueur de cette élection. Le MCDDI de Kolélas au lieu de rester dans sa position d’arbitre a vite fait de basculer dans le camp de Sassou, de ce fait ressuscitant ce dernier que le peuple n’avait pas voulu pour mémoire Sassou avait obtenu environ 18% des suffrages exprimés. Cette attitude de Kolélas de façon historique sonna le glas de la démocratie retrouvée déjà escamotée par la transition. Cela de façon objective conduisit le Congo dans l’instabilité puis vers des violences de plus en plus ignobles. A partir de janvier 1993 le Congo trempait dans la violence politique gratuite  qui eut son point culminant en 1997 avec le coup d’etat de Sassou qui pour asseoir poursuivit la guerre de 1998 à 2001. Le retour à le dictature à entendre les déclarations des acteurs politiques de ce pays semble effectif et regrettable. Ce pays malgré la flambée des prix du pétrole à près de 70% de sa population en dessous du seuil de pauvreté. Selon les mêmes sources, le Congo de la rive droite est en pleine dictature, pas de médias libres, l’opposition est totalement laminée, la corruption et la médiocrité sont les seules performances que ce pays réalise au niveau international avec arrogance.

En quoi tout cela peut nous inspirer en ce qui concerne l’autre Congo de la rive gauche, avec tout ce qui se déroule à Kinshasa ?

Premièrement l’espoir que les Congolais de Kinshasa ne commettront pas la même erreur que ceux de Brazzaville, même si on dit que l’histoire se répète, souhaitons le contraire.

Deuxièmement c’est la position de  Antoine Gizenga et de son parti Lumumbiste qui devient importante.

Avec 13% des voix au premier tour des élections présidentielles du 30 juillet et fort de la trentaine de ses députés au futur parlement, Antoine Gizenga le fidèle compagnon de Patrice Lumumba a décidément rendez-vous avec le peuple.

Alors que peut-il faire pour ne rater ce rendez-vous historique avec ce peuple ? Lui qui a près de 80 ans ?

Essayons de donner une réponse en analysant les tenants et les aboutissants de chacune des positions qu’il peut prendre. Ces positions sont au nombre de trois.

Pour le 29 octobre 2006,  doit-il appeler à voter pour l’un des candidats, j’avais déjà esquissé un début de réponse dans mon article intitulé que peut Etienne Tshisekédi ? Pour qu’il puisse donner une réponse cohérente, il lui faut déjà éclairer sa position de la constitution de la majorité parlementaire qui se réunira sauf report ou incident le 22 septembre.

Ce qui nous amène à examiner les scénarios possibles  de ralliement du Palu à l’une ou l’autre de deux grandes plates formes (Alliance pour la Majorité présidentielle de Kabila  et le ReNaco de Bemba).

Quel est l’état provisoire des forces en présences sur les 500 sièges à pourvoir de cette assemblée :

AMP près de 230 sièges

RENACO près de 110 sièges

PALU 34 sièges

Les autres dit indépendants et les petits partis il reste environ pour eux  près de126.

Premier cas :

Donc si le Palu bascule dans le camp de l’AMP celle-ci aura la majorité absolue et cela équivaudrait aussi à un soutien au deuxième tour pour Kabila.

Si Kabila gagne alors, il aura en sa possession tous les pouvoirs et difficile pour les Congolais l’ayant déjà vu en œuvre d’avoir un fonctionnement démocratique des forces armées et des institutions.

Si Kabila perd, il pourra avec « intelligence » servir de contre-pouvoir au pouvoir de Bemba. Gageons que vu les ralliements tardifs de certains acteurs politiques à l’AMP et surtout la nature des mœurs politiques africaines que cette majorité vole en éclat dans une situation de cohabitation.

Deuxième cas :

Le PALU  se rallie à Bemba et forme la majorité absolue avec.

Si Kabila gagne, alors Bemba et Gizenga pourront constituer l’opposition crédible évinçant par-là Etienne Tshisekédi  (ce qui n’est pas encore sûr).

Si Bemba gagne, il faut souhaiter que le fait de détenir tous les pouvoirs ne conduisent pas à une arrogance et au non-respect de l’esprit démocratique.

Le Palu se rallie à Bemba, ils n’ont pas la majorité au parlement car 110 + 34 = 144 ce qui n’est pas égal à 251.

Kabila perd les élections mais a le parlement ainsi il pourrait servir de contre-pouvoir.

Bemba perd Kabila a tous les pouvoirs nous revenons à la situation d’avant élections  mais une différence de taille qu’il est légitimé par le peuple. Il ne reste qu’à souhaiter que ce dernier s’engage dans la voie de la République et de la démocratie.

Ces deux cas nous conduisent déjà à deux observations

Pour l’AMP la tâche paraît plus facile si le PALU lui apportait ses 34 sièges

230 +34 = 264 largement au-dessus de 251 pour avoir la majorité absolue stable.

Par contre la tâche semble un peu difficile pour la RENACO  110 + 34 = 144 très loin de 251, il lui faut convaincre individuellement les 126 députés qui se réclament « indépendants » le temps de vendre au plus offrant.

C’est ce qui me fait poser la question suivante : « si le parlement congolais n’avait pas de majorité absolue quelles en sont les conséquences ? »

C’est le troisième cas

Le Palu ne se rallie à aucune force politique et forme son propre groupe parlementaire. Trois situations se présentent.

Malgré le non-ralliement du PALU, l’AMP a la majorité et Kabila gagne les élections présidentielles, c’est le cas de figure déjà examiné ci-dessus.

L’AMP a la majorité mais Kabila perd, on peut espérer qu’il joue le rôle de contre-poids et donne tout son rôle au parlement.

Malgré le non-ralliement du PALU le RENACO a la majorité et Bemba gagne les élections présidentielles, c’est aussi le cas examiné ci-dessus tout comme que Bemba perd, on peut espérer qu’il joue son rôle de rééquilibrage du paysage politique.

Enfin le PALU ne se rallie  à aucune plate-forme, et aucune majorité parlementaire ne se dégage. Quels en les scénarios possibles ?

A/ une instabilité politique permanente, du fait même de la versatilité et la pusillanimité de la plupart des acteurs politiques congolais.

B/  Et de l’autre c’est une chance d’avoir un parlement où le débat politique a réellement sa place. Toutes les sensibilités seraient prises en compte. La recherche du consensus obligerait à une culture de concession et de dialogue.

Le fait qu’à chaque fois il faille rechercher la majorité, cela peut être source de plus de démocratie, les députés ayant par cette occasion le pouvoir sur le gouvernement.

Et c’est sur ce point que le PALU et les 126 autres députés ont intérêt à garder leur indépendance. Les Congolais doivent se souvenir même si la formule 4+1 =  0  a au moins eu le mérite de calmer et stabiliser la situation de guerre fratricide qui régnait dans ce pays. Un président avec 4 vice-présidents a permis d’aller à ces élections. Toute mesure et raison gardées, il faut souhaiter compte tenu du contexte particulier de sortie de guerre et de dictature il faille d’accepter un état intermédiaire qui puisse renforcer le basculement intégral et définitif du Congo dans la République et la Démocratie, l’exemple sud-africain est là pour nous y encourager.

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31 août 2006

Migrations des compétences : Pourquoi les "cerveaux" africains s’en vont ?

Kuzvinetsa Peter Dzvimbo du Département des ressources humaines de la Banque mondiale n’aiment pas le mot "fuite des cerveaux". Il lui préfère celui de "migration internationale du capital humain qualifié des pays en développement". Pour lui, il est préférable de parler de migration internationale du capital humain qualifié (Imshc) parce qu’un tel terme englobe à la fois la fuite des cerveaux, l’exode des compétences optimales, le gaspillage, la circulation, l’échange, la globalisation et l’exportation des cerveaux. C’était d’ailleurs le titre de sa communication présentée au cours de la conférence d’Accra sur l’enseignement supérieur.

Parlant des causes de ce phénomène, M. Dzvimbo indique que, pour contrôler la migration, il est crucial de comprendre pourquoi les gens émigrent, pour dire que l’Ismhc résulte de l’interaction complexe des forces économiques, politiques, sociales, culturelles, linguistiques et même religieuses. Sans prendre en compte des facteurs psychologiques comme un environnement propice à l’autonomie professionnelle, ni de la personnalité, des objectifs de l’histoire personnelle. Les facteurs qui poussent les gens hors de leur pays d’origine peuvent être les conditions intérieures défavorables (capacité éducative peu satisfaisante, bas niveau de vie, limitations de la technologie, mauvaise adéquation de la formation et de l’emploi, incertitude du lendemain, malaise politique, conflits armés, absence de politique de main-d’œuvre réaliste, instabilité économique). Ainsi, en 1990, les Etats-Unis avaient accueilli 125 799 Africains ayant un niveau d’éducation secondaire et supérieur. Les plus gros contingents venaient de l’Egypte (52 281), du Ghana (12 504) et de l’Afrique du Sud (22 478).

Pour ce qui est des facteurs d’attraction dans les pays d’adoption, M. Dzvimbo en a listé, entre autres, les opportunités personnelles et professionnelles, les politiques favorables à l’immigration, les écarts de salaires, la différence de qualité de vie, les opportunités d’éducation pour les enfants, l’interaction avec d’autres professionnels, la stabilité politique, la sécurité de l’emploi. Et, sur ce plan, les pays ayant des politiques agressives de recrutement sont le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Allemagne, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Mais pour mieux comprendre ce qui fait leur attrait, le fonctionnaire de la Banque mondiale met en exergue les facteurs de "pulsion" et d’"attraction". Définissant la "pulsion", il dira qu’en 1992, les demandeurs d’asile, dans les pays en conflit (dont le Sénégal) avaient atteint le chiffre de 700 000. Un nombre en baisse depuis lors. Pour l’"attraction", elle résulte de l’espoir de meilleures conditions. Ce qui fait que l’on a compté 1 652 400 appartenant à la diaspora africaine en France (en 1999), 411 492 en Italie (en 2000), 373 000 au Royaume-Uni... Dans cette étude réalisée par Migration du monde, les ménages en Turquie et dans quatre pays africains (Maroc, Sénégal, Egypte et Ghana) ont été interrogés avant et après leur migration. Il en est ressorti que "l’idée d’encourager la migration et d’accroître la demande pour une éducation secondaire et supérieure est en train de faire des progrès", indique le conférencier pour qui tout peut être relatif à l’offre et à la demande de main-d’œuvre qualifiée, aux perspectives de carrière, etc.

Même si les écarts de salaires ne suffisent pas à motiver la plupart des Africains à émigrer, M. Dzvimbo n’en note pas moins que dans les pays les moins avancés, le Pib par habitant est de 1 222,4 dollars, alors qu’il est de 27 820,8 dans ceux à revenus élevés de l’Ocde et de 23 539,7 dans l’Union européenne. Si les conditions de travail, notamment l’autonomie accordée aux jeunes chercheurs, ont leur importance, pour ce qui est des étudiants, leur mobilité semble être fortement influencée par la disponibilité de l’aide financière. Ainsi, en 2000-2001, il y avait 22 679 étudiants africains préparant une licence et 9 833 poursuivant des études au-delà de la licence aux Etats-Unis.

Le conférencier s’est, en outre, appesanti sur l’ampleur du problème de la migration internationale. Selon lui, en 2000, 5,4 millions d’étrangers vivaient dans l’espace économique européen (à l’exclusion de la Grèce). Le continent qui accueille le plus d’immigrés est l’Europe. Elle est suivie de l’Asie, puis de l’Amérique du Nord. Parlant des stratégies et des options pour gérer l’Imshc, il dira qu’il y a six réponses de politique générale à la migration internationale qui peuvent être regroupées en deux approches plus vastes, pour réduire les pressions de la migration. D’abord, il faut maximaliser les profits de l’immigration par des politiques de promotion du retour des migrants à leur pays d’origine, des politiques de recrutement des migrants internationaux qui ne limitent pas leurs nombres, des initiatives pour ressourcer les expatriés par l’accroissement des communications, le transfert des connaissances et des fonds, ainsi que les investissements, des politiques réparatrices qui feront rembourser les pays d’origine par les pays d’accueil afin de compenser la perte en capital humain ou imposer les émigrés directement. Pour les politiques de rétention, il faut contrôler les facteurs d’"impulsion". Il faut aussi faire une option de politique par pays d’accueil et mettre sur pied une politique d’immigration restrictive et sélective, mais aussi de naturalisation. Tout en pensant au recrutement.

Demba Silèye DIA (Source : Wal Fadjri 7 octobre 2003)

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29 août 2006

Congo : Que peut faire Etienne Tshisekedi après les affrontements Bemba-Kabila ?

RD_Congo_elections

Voilà  le Congo de nouveau plongé dans la violence depuis l’annonce le 20 aout 2006 des résultats du premier tour des élections organisés pour la première fois dans ce vaste pays de de 2 . 345 410 km2 et d’environ de 60 millions d’habitants.

Organiser des élections dans ce vaste pays dévasté par près de 6 ans de guerre succédant à 35 ans de dictature était une gageure. Si bien que plusieurs observateurs n’y croyaient pas et tous avions pensé que la communauté internationale  en tête les Usa, la Belgique et l’Union Européenne voulaient légitimer par ce biais le pouvoir de Kabila fils au Congo.

Cette vue se trouvait confortée par le fait que les infrastructures de télécommunications et de communications  faisaient défaut, que les opérations de recensement du corps électoral étaient sujettes à des contestations, que l’un des leaders historiques politiques était exclu de la course.

D’autres actes posés par les organisateurs internationaux de ces élections notamment l’implication personnelle du commissaire européen belge Michel dans le débat politique interne accréditaient amplement cette thèse.

Plusieurs acteurs et observateurs congolais prévoyaient déjà la victoire facile de Kabila junior dès le premier tour du fait même ajouté aux éléments cités ci-dessus, le fait d’une absence réelle de débat politique qui commençait à cause du vide de se diriger vers des thèses xénophobes. C’est ce que les premiers analystes des résultats ont tenté de confirmer par la partition Est-Ouest des votes sortie des urnes. Les maigres scores du vice-président Azarias Ruberwa  (1.69%) et de Arthur  NGoma  Z’ahidi (0.34%) à comparer au score du vieux Antoine Gizenga (13.06%) sont des preuves que le peuple Congolais a plus d’un tour dans son sac et qu’il n’a pas la mémoire courte.

Ces scores  montrent bien aussi que les Congolais sont las des guerres fratricides que les différents seigneurs de la guerre se livrent pour prendre le contrôle du pouvoir central du Congo. Ils se sont massivement déplacés vers les urnes dans l’espoir de mettre fin à ces guerres. C’est ce qui explique le forte participation de congolais à ces élections et surtout leur totale adhésion à la démocratie.

C’est pourquoi cet engagement doit être interprété comme une maturité politique de ce peuple contrairement à ce que l’on entend comme discours de la part de ceux qui dénient aux Africains une capacité de juger par eux-mêmes voulant toujours infantiliser les peuples africains en soutenant que « l’Afrique n’est pas encore mure pour la démocratie ».

C’est en connaissance de cause que les Congolais ont voulu départagé les seigneurs de la guerre, même si en effet ils sont convaincus que tous les candidats (33) à la présidentielle ne sont pas de vrais démocrates et ne respectent pas la vie. Mais en les départageant par les urnes, cela leur éviterait de subir les dégâts collatéraux (comme disent les Américains en Irak), un proverbe africain ne dit pas que «  lorsque deux éléphants se battent ce sont les petits animaux qui sont écrasés ». Kabila et les autres ne sont que ces éléphants qui détruisent le Congo.

La preuve peu de temps seulement après la publication des résultats, les affrontements ont eu lieu entre Kabila et Bemba. Comme à l’accoutumée chacun des protagonistes a rejeté la responsabilité sur l’autre.

Quels enseignements devons-nous tirer de ces affrontements post-électoraux ?

1/ Ni kabila, ni Bemba ne sont des démocrates convaincus, seul le pouvoir compte à leurs yeux

2/ que le peuple congolais ne compte que pour des chimères

3/ que le processus commence à échapper aux promoteurs occidentaux et qu’il est temps que le peuple reprenne davantage son pouvoir

4 / que les vrais démocrates congolais prennent position pour faire aboutir le retour réel de la souveraineté au peuple.

C’est sur ce dernier point que je crois que Etienne Tshisekedi et Antoine Gizenga ont un rôle à jouer.

Pour Gizenga c’est plus facile car il a participé à cette élection et logiquement il doit en toute honnêteté se positionner ce qui ne semble pas être le cas pour Tshisekedi.

Ce dernier n’ayant pas participé à ces élections à cause de plusieurs raisons, on peut évoquer les motifs suivants lesquels que les dés étaient pipés, que les élections ne résolvaient pas en profondeur la question de la nation congolaise, que la question de l’après élection n’avait pas été traitée par les organisateurs, sur cette dernière les inquiétudes sont immenses.  Pour l’heure on ne peut ni répondre par l’affirmative ou la négative à ces motifs.

Tout de même essayons de spéculer je dis bien spéculer sur ce que peut faire Tshisekedi au vu des résultats et des affrontements, cela dans une optique de projection des résultats du second tour prévu le 29 octobre 2006. En espérant rapidement que les affrontements auraient cessés pour laisser place au débat ainsi qu’à une vraie campagne électorale.

Dans le cas où le processus suivait son chronogramme examinons les cas de figure de prise de position de Tshisekedi :

1/ Tshisekedi sort de son mutisme et appelle à voter pour Bemba quels risques politiques prend-il ?

a)                           Bemba gagne et il faut espérer que celui-ci instaure une transition démocratique pour se diriger vers une république et un régime de dialogue où chacun à sa place : enfin la démocratie. La question qui se pose est de savoir est-ce que Bemba a-t-il la volonté et les moyens pour cela ? S’il le fait quelle est la place de Tshisekedi ? Quelle sera la réaction de la communauté internationale qui par suivre les médias occidentaux avait misé et aurait tout fait pour que Kabila gagne, surtout pas Tshisekedi? Quelle sera la réaction des forces armées encore en présence au Congo ?

b)                           Bemba fort de sa légitimité obtenue dans les urnes se fait plus arrogant et bafoue la souveraineté  du peuple et se transforme en dictateur. Dans ce cas le calvaire continue, pour Bemba pour se maintenir il sera obligé de se protéger à l’extérieur. La régression du Congo continue et toujours dans ce cas il y a fort à parier que les guerres reprennent mais avec moins d’ampleur.

c)                           Bemba perd les élections, la communauté internationale qui n’avait pas fait l’effort d’inclure Tshisekedi dans le processus et de considérer les conditions de ce dernier se trouve confortée dans « raison ». Là Tshisekedi  peut perdre sa légitimité populaire.

d)                           Kabila élu a les mains libres pour s’installer au pouvoir et créer des frustrations qui ne seront pas loin d’aboutir à d’éventuelles violences.

e)                           Kabila II aura – t – il les moyens de reconstruire dans le calme et la paix, et quelle sera la réaction des anciens seigneurs de la guerre devenus entre temps vice-présidents de 2001 à 2006.

            

            2/   Tshikedi garde son silence et n'appelle à voter aucun de deux candidats :

            a) cela est logique à sa position face à ces élections.

    

            b) Kabila gagne, c'est la situation évoquée en d et f  du 1 qui peut arriver

            c) Bemba perd, il peut en vouloir à Tshisekedi de n'avoir pas pris position pour lui

            

            d) Bemba gagne sans Tshisekédi, il ignore ce dernier ou prend en considération son poids politique.

En définitive ces élections créent plus d’incertitude sur l’avenir de ce grand pays, qu’elles n’en règlent durablement comme au Libéria ou en Afrique du Sud.

Il revient donc à l’élite congolaise et sa société civile de prendre de façon historique ses responsabilités. On a confirmation que des élections en Afrique ne suffisent pas à régler l’ensemble des questions politiques, mais elles sont nécessaires pour créer des nouvelles donnes. Faisons donc confiance en l’avenir et l’histoire surtout aux peuples africains qui indéfiniment ne peuvent se laisser abuser. Chaque chose a une fin, mais quand ? 

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15 août 2006

Non aux momuments français au Cameroun" et en Afrique!

Comme à mon habitude, je me fais l'obligation de partager ce texte déjà publié sur un autre site www.bonaberi.com et envoyé par notre ami camforever en commentaire de mon article "à quand des monuments à la gloire de nos héros africains" Pour ne pas influencer votre lecture, j'ai opté pour sa publication intégrale. Ce qui ne vous empêche pas de le commenter et surtout de le diffuser. D'avance merci

Le samedi 17 juin 2006 à 12:48, par Camforever

Bonjour a tous,

Je voudrais rappeller que l'idee de base du sujet s'inscrit dans notre combat, a travers le soutien que nous apportons à Mboua Massock, lequel fait l'objet d'un procés dont l'enjeu est de permettre de libérer l'Afrique des symboles de l' oppression coloniale !

Voici l'interview tiree du site Bonaberi.com

"Non aux monuments français au Cameroun" (16/03/2006)

Père des Villes-mortes et de la Rébellion morale, Mboua Massock a été récemment arrêté, puis libéré. Il remet en question la présence de monuments français au Cameroun.

Par Edmond Kamguia K. et David Nouwou

La statue du général Leclerc

Père des Villes-mortes et de la Rébellion morale, le combattant de la liberté a été récemment arrêté, puis libéré. Il a comparu devant le tribunal de première instance de Douala, à Bonanjo, vendredi 3 mars. Pour dégradation des biens publics ou és. Approché pour qu'il dise exactement ce qu'on lui reproche et qu'il précise les objectifs de son combat, Mboua Massok ma Batalong se livre.

Pourquoi avez-vous été arrêté le 29 janvier 2006 à Bonanjo, à Douala ?

Il se trouve que depuis 2001, je remets fondamentalement en question la présence à la Place de l'indépendance de la statue - certains parlent de monument - du général Leclerc. Celui par qui tout s'est passé pour que nos aïeux aillent en France défendre la France. Or, nous sommes indépendants depuis le 1er janvier 1960. La France a installé la statue de Leclerc sur l'emplacement où notre indépendance a été obtenue, et sur son regard. Alors qu'il y a nos héros de l'indépendance, nos nationalistes, qui méritent de trôner, sur les places de l'indépendance au Cameroun. A deux cents mètres de cet endroit, il y a la tombe de Rudolph Douala Manga Bell. Il gît dans l'anonymat total, pendant que quelqu'un d'autre, qui n'a rien à voir avec notre histoire, est débout. J'estime que c'est une aberration. C'est un non-sens. J'ai donc demandé qu'on enlève la statue de Leclerc. Pendant que j'étais en train de porter les inscriptions, " à démolir, nos martyrs d'abord ", sur le mur situé à l'arrière plan de la statue de Leclerc, j'ai été arrêté par des éléments du commissariat central de Bonanjo. J'ai été conduit au commissariat du premier arrondissement vers 8h30, ce fameux 29 janvier 2006. Ils m'ont fait passer un jour en cellule. Le lendemain, vers 17h, le lundi 30 janvier, on m'a extrait de la cellule, pour me présenter au parquet. Le procureur de la République m'a dit que je pouvais rentrer chez moi, mais que je devais revenir pour un procès qui devait commencer le 03 février. Mes conseils ont estimé qu'ils ne connaissaient pas encore le contenu du dossier, et qu'il était souhaitable de trouver une date plus appropriée. Le juge a donc opté pour le 03 mars.

On vous reproche d'avoir dégradé des biens publics...

Je ne sais pas en quoi ce monument constitue un bien public. En ce qui me concerne, cette statue devrait être ramenée à l'ambassade ou au consulat de France, s'il faut absolument qu'elle reste au Cameroun. Nous respectons les accords. Ainsi que les consulats, sauf si l'on nous apprend que l'extension du consulat français à Douala comprend la Place de l'indépendance du Cameroun à Bonanjo.

Pourquoi avoir décidé de passer à l'acte maintenant, au début de cette année ?

Comme je vous l'ai dit tantôt, l'idée me tient à cœur depuis 2001. Je croyais à ce moment-là que le monument était en béton. Je ne pensais pas encore à écrire " A démolir... ". J'étais arrivé sur les lieux avec un burin. Malheureusement, ce n'était pas démontable par un burin. Cette fois-là, on m'avait arrêté, on m'avait entendu sur procès-verbal, et on m'avait relaxé. S'il faut remonter à la genèse du problème, je vous dirai que tout part de la rébellion morale. Nous avons institué une démarche à l'intérieur de la rébellion morale. Elle vise à rétablir la conscience morale. A travers la revalorisation des patriotes, qui ne sont plus de ce monde, mais qui ont beaucoup apporté à la patrie. C'est dans cette perspective que j'avais lancé le " Pas du millénaire ". Tout un concept révolutionnaire. La rébellion morale a pour objet la fortification morale du peuple camerounais. Il s'agit de réformer nos mentalités. De par sa structure, la rébellion morale avait, dès l'origine, admis ce type de revendication. Il fallait que le monument Leclerc quitte cet endroit. Car, il matérialise la présence française continue chez nous. Il ne faut pas faire preuve de légèreté sur une question aussi importante.

Le consulat de France à Douala n'a pas apprécié l'acte que vous avez posé. En êtes-vous conscient ?

Effectivement. Lorsqu'ils ont eu vent de l'atteinte du monument par la peinture, les responsables français à Douala ont décidé immédiatement de remettre la peinture, pour que les inscriptions, qui y étaient portées, disparaissent. Des personnes attentives, qui passaient par là, ont eu le temps de filmer les inscriptions. L'histoire retiendra ce qui s'est passé. Il y a des photos qui peuvent l'attester. Ils veulent falsifier l'histoire de notre pays. Nous nous y opposons.

La date du dimanche 29 janvier 2006 avait-elle une signification particulière pour vous ?

Je ne vais pas focaliser l'attention sur la date. Ce jour-là, nous l'avons choisi tout simplement parce que le Cameroun était engagé dans le tournoi de la Coupe d'Afrique des Nations en Egypte. Comme on a tendance chez nous à utiliser le football comme une diversion -je parlerai même de perversion- nous avons décidé d'agir ce jour-là, pour dire aux gens qu'il y a des choses essentielles. Des choses qui n'ont rien à voir avec le football.

Le Cameroun a tout de même des liens historiques avec la France. Des monuments de personnages français sur notre territoire peuvent aussi témoigner des bonnes relations entre les deux pays...

Je ne dis pas absolument que je suis contre. Mais, je précise bien ma démarche : " Nos martyrs d'abord ! ". Quelqu'un ne peut pas venir chez nous, choisir la chambre du patron. Le patron a sa chambre. Il lui revient de trouver la chambre qu'il juge approprié pour son étranger. S'il fallait solliciter l'avis des Camerounais avant d'ériger la statue du général Leclerc, je doute fort qu'on choisisse l'emplacement actuel, qui se trouve en plein centre administratif de la capitale économique. Encore moins la place de l'indépendance ! Les Français n'ont pas le droit de choisir ses lieux où ils doivent ériger leurs monuments chez nous. Sauf si, les lieux leur appartiennent. Nous ne doutons pas qu'un jour il puisse y avoir réciprocité. Si en France, nous pouvons, nous aussi, avoir des places, espaces publics où nous pouvons dresser les monuments de nos combattants de la liberté, à ce moment, on parlerait d'une véritable réciprocité.

Qu'attendez-vous des Camerounais ?

Je souhaite que mes compatriotes ne m'abandonnent pas. J'ai souvent été traité de grand bandit par l'administration. On m'envoie à la prison de New-Bell comme un grand bandit. Vous savez qu'en Côte d'Ivoire, les Français ont tué quelqu'un dernièrement, parce qu'ils l'avaient considéré comme un grand bandit. J'ai peur que cela constitue des prémices, qu'on me mette un jour une balle dans la tête, parce que je remets en cause la présence du monument Leclerc à Bonanjo. J'espère que le peuple camerounais sera attentif et mobilisé. Je compte beaucoup sur vous les journalistes et les médias pour mobiliser l'opinion publique nationale sur ce procès. Il faut que les gens viennent assister au procès, qu'ils en fassent leur procès ; car je ne fais que soulever un problème qui nous concerne tous.

Jusqu'où êtes-vous prêt à aller dans cette bataille ?

Je suis prêt à aller jusqu'au niveau où cela va finir, se terminer. Nous voulons mettre un terme à la présence des monuments français au Cameroun, tant qu'il n'y aura pas de monuments camerounais en France. Notre ambition, c'est qu'à l'endroit où se trouve la statue de Leclerc, on dresse le monument de Douala Manga Bell, par exemple. Ce ne serait que justice faite.

Peut-on dresser le monument d'une figure historique du Cameroun à côté de celui du monument Leclerc ?

Non. On ne peut pas mettre Douala Manga Bell à côté de Leclerc. Ils n'ont jamais collaboré de leur vivant. Ce n'est pas après leur mort qu'ils vont collaborer. Chacun sera à sa place. Regardez la pagode, la maison du Roi Bell, qui s'est battu au point de détruire la logique de l'apartheid au Cameroun. C'est bien au Cameroun que l'apartheid a commencé. Ce n'est pas en Afrique du Sud, où le phénomène a sévi plus tard. Des héros comme Rudoph Douala Manga Bell, Martin-Paul Samba et bien d'autres patriotes ont lutté, se sont sacrifiés, pour que nous soyons libres. Ces hommes de valeur doivent mériter une place de choix dans nos cœurs, dans notre vie quotidienne. Ils méritent qu'on érige pour eux des monuments à des endroits significatifs. Il faut honorer les valeurs là où elles doivent être honorées. La place du monument Leclerc est en France.

Avez-vous un commentaire sur la lutte contre la corruption et la vague d'arrestations de quelques anciens directeurs généraux de sociétés d'Etat ?

Je ne suis plus favorable aux luttes contre. Je mène les luttes pour. La lutte contre la corruption, c'est la lutte pour le rétablissement de la dynamique morale. Je suis pour la moralisation du peuple camerounais, pour l'éthique, pour la justice. Les luttes contre ne m'intéressent pas. On sait où les luttes contre ont mené ce pays jusqu'à maintenant. Combien de luttes contre ont-elles abouti ? Il faut changer la donne. Menons les luttes pour la fin de la corruption, de l'injustice, pour ramener les hommes sur le lit des femmes, pour la fin de la pauvreté. Etc.

Est-ce une question de sémantique finalement ?

Tout à fait. Quand on engage une lutte contre, ce n'est pas la même chose que lorsqu'on engage une lutte pour. Il y a le pour, et il y a le contre. L'équilibre se trouve au milieu.

Approuvez-vous la lutte que mène le président Biya contre les détourneurs de fonds publics ?

C'est lui qui approuve le principe de ma lutte. Ne mettez pas les choses à l'envers. Penser que c'est moi qui approuve le principe de la lutte que mène Paul Biya, c'est se tromper d'époque et de l'histoire. M. Biya n'a jamais compris que, lorsqu'on gouverne, on assume. Il nous dit un 31 décembre que les gens à qui il a confié des responsabilités ne font pas ce que l'on attend d'eux. Le lendemain, il ne les fait pas partir. Comment un président de la République, qui a le pouvoir de nommer et de relever quelqu'un de ses fonctions, se plaint le soir et ne fait rien le matin qui suit ? C'est de l'irresponsabilité. Le président Biya est irresponsable. Il ne croit pas vraiment à la moralisation.

"Mieux vaut tard que jamais "...

On peut dire : "mieux vaut tard que jamais ", si, dans le tard, il n'y a pas un résultat grave comme celui que nous connaissons au pays. Laisser transporter nos richesses ailleurs, puis demander aux gens s'ils font partie des criminels à col blanc, et, enfin, leur demander quand ces richesses vont retourner au bercail, est une attitude irresponsable. Car, la sonnette d'alarme avait été déclenchée à temps.

En 1986, j'avais fait publier dans un journal un poème sur la corruption qui avait déjà atteint le degré d'un volcan en irruption. Je soulignais que si ceux qui gouvernent parviennent à mettre la main sur les informations essentielles, qu'ils prennent les bonnes décisions ou alors qu'ils démissionnent. Il y a vingt ans, je n'ai pas été écouté. Ce débat ne m'intéresse plus. Ce qui me préoccupe aujourd'hui, ce sont les questions d'identité et d'indépendance effective du Cameroun. C'est pour cela que je suis en procès.

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